Le mot du Professeur T. Petitclerc (conseiller médical de l’AURA) sur les nouvelles techniques et progrès à l'AURA

L’objectif primaire de l’AURA est de faire fonctionner des centres de traitement de l’insuffisance rénale chronique par les méthodes de dialyse. Un autre objectif est de développer, évaluer et améliorer de nouvelles méthodes de traitement. Moins apparent et donc probablement moins connu, cet objectif est cependant essentiel pour assurer le rayonnement de l’AURA au sein de la communauté néphrologique.

J’évoquerai ici deux contributions de l’AURA au développement de nouvelles techniques :

L’hémodiafiltration en ligne est une modalité d’hémodialyse particulière visant à améliorer l’épuration de certains déchets toxiques. Inventée il y a plus de 30 ans, elle est longtemps restée peu répandue en France. L’hémodiafiltration en ligne a été introduite à l’AURA en 2008. Une spécificité de l’AURA est d’avoir implanté cette technique en utilisant un dialysat totalement dénué d’acétate ce qui, chez certains patients tolérant mal les séances d’hémodialyse conventionnelle, améliore de manière incontestable leur confort. Nous recevons d’ailleurs de temps en temps des demandes de patients traités dans d’autres structures et souhaitant venir à l’AURA pour bénéficier de ce type d’épuration. Nous testons actuellement l’utilisation d’un dialysat au citrate qui devrait permettre de diminuer, voire de supprimer totalement dans certains cas l’anticoagulant habituellement utilisé pendant les séances (héparine).

L’hémodialyse quotidienne consiste à diviser par 2 la durée des séances (soit 2h à 2h30 au lieu de 4h à 4h30) et à multiplier par 2 le nombre des séances (soit 6 par semaine au lieu de 3). L’hémodialyse quotidienne a été mise en place à l’AURA en 2009. Malgré la contrainte que représente l’augmentation du nombre hebdomadaire de séances de dialyse, la plupart des patients qui ont été orientés vers cette méthode en raison de leur mauvaise tolérance aux séances d’hémodialyse ou même d’hémodiafiltration refusent catégoriquement de revenir à un schéma conventionnel d’hémodialyse tri-hebdomadaire. D’autres patients, particulièrement actifs, ont plus de facilité à caser dans leur emploi du temps socioprofessionnel 6 séances de courte durée que 3 séances longues. Pour ce dernier type de patients, relativement en bonne santé, l’AURA va tester prochainement de nouvelles machines de dialyse simplifiées. Les autorités de tutelle, très sensibles au surcoût éventuel de l’hémodialyse quotidienne, ont l’espoir que ce type de machine permettra de donner un développement nouveau à l’hémodialyse à domicile (qui reste une spécificité de l’AURA en Ile de France) et regardent avec attention les projets de l’AURA dans ce domaine.

L’AURA n’est pas seulement active dans le développement ou l’amélioration de nouvelles techniques, elle l’est aussi dans leur évaluation. Il est fréquent qu’avec l’aide indispensable de son service technique, l’AURA ait pu détecter des anomalies du matériel, fixe ou consommable, utilisé en hémodialyse. Par exemple, une tendance à l’élévation du taux de sodium dans le sang du patient à l’origine d’une sensation de soif a récemment été mise en évidence avec plusieurs types de machines et plusieurs types de concentrés utilisés pour la fabrication du dialysat. En raison de l’indépendance qu’elle sait garder vis-à-vis des différents industriels du secteur de l’hémodialyse, l’AURA est à même de mener une enquête objective sur ces anomalies auxquelles nous espérons bien trouver une explication. C’est dire l’importance pour l’AURA de disposer d’excédents suffisants ou de crédits publics de recherche indépendants de l’industrie afin de pouvoir mener ce type d’activité, stimulante pour son personnel et essentielle pour les patients, qu’ils soient ou non traités à l’AURA.

Nombreux sont les autres progrès auxquels l’AURA a contribué et qui sont d’ailleurs régulièrement évoqués lors de la soirée organisée annuellement depuis 2009 pour l’ensemble du personnel avec le concours du Laboratoire AMGEN : évaluation du poids idéal du patient par une méthode impédancemétrique originale, évaluation du retentissement cardiaque des abords vasculaires par une méthode ultrasonore, amélioration de l’état général par la réalisation d’un effort physique (bicyclette ergonomique) pendant la séance de dialyse, amélioration de la tolérance de la séance par l’utilisation d’un logiciel basé sur l’enregistrement répété de la pression artérielle pendant la séance etc. Ces contributions, qui donnent parfois lieu à un article dans la presse spécialisée, ne peuvent être détaillées dans le cadre de ces quelques lignes. Espérons que les équipes concernées souhaiteront, au fil des futurs numéros de cette gazette, prendre leur tour pour résumer leur travail !

Thierry Petitclerc - Directeur médical

ImprimerE-mail

  • Ce site a été réalisé en partenariat avec roche
Prendre un rendez-vous de consultation en ligne
acheter levitra acheter viagra acheter cialis Pharmacie En Ligne France